La nez-sens

« Il était une fois, un petit bonhomme qui, un beau matin, se réveilla dans un état inhabituel. Il se sentait tout chose… Au fond de son ventre, des petits trains d’énergie venaient lui chatouiller les intestins, faisant des pirouettes et des cabrioles, comme jamais auparavant. Ses jambes frémissaient, fourmillaient, frivolaient. Sa poitrine semblait s’emplir de vide. Elle prenait de plus de place, et l’intérieur de sa cage thoracique conversait avec le monde extérieur. Ses bras s’ouvraient dans les airs, et se refermaient autour de son propre corps, dans de surprenants soubresauts. Ses mains touchaient, palpaient, découvraient. Sa gorge était gonflée comme si elle avait voulu bailler mais sans l’aide de la bouche, qui, elle, articulait des sons sans sens et sans raison. Ses pommettes se haussaient, ses yeux s’écarquillaient, ses oreilles gigotaient.

Et son nez le démangeait….

Tout chose, tout chaud, tout vivant, notre petit bonhomme se leva de son lit un peu agité. Une fois debout, son corps prit des arrondis et des axes cocasses, qui lui donnaient une drôle d’allure. Il alla à la cuisine, versa le lait dans son assiette, mit du beurre sur ses bananes, trempa le pain dans le pot de confiture….Il n’y pensait pas, jamais il n’aurait fait cela auparavant, ça lui aurait même été impensable de changer la moindre de ses habitudes, mais ce nouveau je(u) lui plaisait beaucoup. Une fois son petit déjeuner pris, il alla à la salle de bain, jeta un œil distrait à son reflet, et là…

…comme un phare au milieu de l’océan, il le vit : son beau nez rouge ! »

Capit’AIME Plumotte

plumeau

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